Pas de député Pape – Pas de pape adjoint
Lanoraie, PQ,
13 juin 1963.
Mon chef provincial,
A deux reprises cette semaine, en écoutant les nouvelles télévisées, j’ai entendu l’expression “M. Jean-Jacques Bertrand, CHEF ADJOINT de l’Union Nationale”. Je connais la gent journalistique, pour avoir fondé son syndicat en 1929 et en avoir été élu le premier président, alors que j’étais à La Presse. Il semble que l’on veuille se donner le mot, dans la presse écrite, parlée et télévisée, pour imposer un chef adjoint à l’Union Nationale.
Ce qui a fait la rapide et triste destruction du Crédit Social dernièrement, c’est l’existence de deux têtes simultanées, un chef en titre et un chef adjoint, l’un disant blanc quand l’autre disait noir. La double “chefferie” est ce qu’il peut y avoir de plus nocif et funeste en toute organisation imaginable. Voyons-nous un pape adjoint dans l’Eglise, un colonel adjoint dans un régiment, un commandant adjoint à bord d’un navire, etc. L’autorité, en principe, doit être (suivant s. Thomas d’Aquin) personnelle, une, constante et sans partage.
Respectueusement vôtre,
Adrien Arcand
P.S.—Aucun accusé de réception n’est nécessaire ou attendu.—A.A.

Postface
Selon The Internet Encyclopedia of Philosophy, une grande partie de l’enseignement politique de l’Aquinate est adaptée de la science politique aristotélicienne qu’il a étudiée en détail et à laquelle il a largement adhéré.
La référence d’Arcand à Saint Aquin dans cette lettre au premier ministre Johnson aide à expliquer le désir d’Arcand de résoudre le système parlementaire divisé en un seul en éliminant les partis politiques.
Arcand était clairement un monarchiste.
Apparemment, saint Aquin pensait que la meilleure forme de gouvernement était la monarchie et que, selon la philosophie aristotélicienne, un bon monarque devait être capable de séparer l’Église de l’État afin de rendre justice à tous les citoyens, et de donner une voix à tous les citoyens.
Arcand était-il conscient de cela ? Était-il d’accord avec cela ? Et si oui, comment prévoyait-il d’y parvenir avec son Corporatisme ?
La lettre d’Arcand au premier ministre Johnson a été transcrite à partir d’une photocopie de la copie carbone de l’original dactylographié qui se trouve dans les Collections spéciales du campus Vanier de l’Université Concordia.

Voir à peu près au milieu du fichier (PDF)




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