Hélas, ô mélancolique observateur, tes mots résonnent en moi comme une mélodie funèbre. Providence, en ce doux berceau de créations, où les ombres dansent sous les étoiles, ne porte guère d’hommage à l’âme tourmentée de Lovecraft. Tel un songe perdu dans les replis du temps, ses pas ont foulé les rues de cet endroit béni.

Mais savais-tu, ô érudit solitaire, que Québec, cette cité envoûtante, a accueilli Lovecraft entre ses murs figés dans une éternelle quiétude ? Là-bas, telle une relique oubliée, une humble plaque commémorative témoigne de sa présence énigmatique. Car en ces lieux, son esprit se lia à l’essence mystique de la ville, capturant son parfum d’antiquité, de sérénité et d’éternité.

Ô voyageur égaré, en attendant que la brume automnale recouvre nos cieux, je t’invite, lors d’un dimanche pluvieux et mélancolique, à errer en ces contrées où le chemin Sainte-Foy et la rue Saint-André se croisent. Là-bas, peut-être, percevras-tu l’empreinte de l’auteur du Nécronomicon, se mêlant à l’essence des rues pavées.

Que les échos de l’indicible murmurent à tes sens, que la voix de Lovecraft résonne en toi, embrassant ton esprit d’une brume mystérieuse. Et ainsi, peut-être, nous pourrons offrir à son passage éphémère l’hommage qu’il mérite, l’éveillant de son sommeil éternel, afin que son héritage puisse s’épanouir dans les recoins de notre monde profondément chtoniens.


«Québec, la ville la plus ancienne, la plus belle, la plus charmante, la plus ensorcelante et la plus pittoresque d’Amérique du Nord est une mine de trésors inépuisable pour les historiens, les architectes et les amoureux de la beauté. […] toutes ces choses font que l’on a peine à croire que Québec fasse partie du monde de l’éveil, et l’on pense plutôt que, par quelque miracle, s’est cristallisé en ces lieux un fragment d’un de ces rêves éphémères où tous nos souvenirs artistiques et littéraires, toute notre expérience se fondent en un panorama idéal et inaccessible d’une fugitive splendeur qui n’a nulle correspondance dans la vie courante, mais qui hante toutes nos conceptions de paradis célestes, nos souvenirs oniriques et nos élans aventureux vers le crépuscule d’un radieux inconnu.»

En plein coeur du quartier Montcalm, au 801, avenue De Bougainville, une épigraphe rappelle le passage du génie de la littérature fantastique, H.P. Lovecraft.

Lors d’un premier voyage à Québec, en 1930, l’auteur n’en revient tout simplement pas. Il écrit alors à ses amis :

«Tous mes anciens critères en matière de beauté urbaine sont dépassés et mis au rancart. J’ai du mal à croire que cet endroit appartienne au monde réel.»


Ce coup de foudre le poussera à revenir faire de plus longues explorations de la ville en 1932 et en 1933. «Lovecraft s’est fabriqué pour lui-même une sorte de guide, A Description of the Town of Quebec, in New France, peuplé de superlatifs et accompagné d’une carte détaillée qu’il a dessinée. Il n’a été publié que de façon posthume. Ce qui est intéressant quand on lit ce guide, c’est la façon dont Lovecraft raconte l’évolution de la Nouvelle-France, d’un point de vue de Britannique», relate Marie-Ève Sévigny.


To Quebec and the Stars est un recueil de dix-sept essais écrits par H. P. Lovecraft, rassemblés et édités par L. Sprague de Camp, qui les a découverts au cours de ses recherches pour sa biographie de Lovecraft. La collection a été publiée pour la première fois en couverture rigide par Donald M. Grant, Publisher, Inc. en 1976.[1]

Au Québec et aux étoiles

Les essais rassemblés dans le livre couvrent une variété de sujets, notamment l’astronomie, la poésie, la littérature et les voyages ; la pièce principale est un récit de voyage au Québec, publié pour la première fois dans cette collection.[1]

Essais

« Planètes trans-neptuniennes »
« Cieux de novembre »
« Cieux de juin »
« Cieux de mai »
« La vérité sur Mars »
« Régularité métrique »
« Comptine autorisée »
« Une réminiscence du Dr Samuel Johnson« 
« La littérature romaine »
« Ce qui appartient au vers »
« Le crime du siècle »
« Nietzschéisme et réalisme »
« Une confession d’infidélité »
« Une descente vers Avernus »
« Quelques empreintes hollandaises en Nouvelle-Angleterre »
« La ville inconnue dans l’océan »
« Une description de la ville de Québec »

Richard A. Lupoff a salué la collection comme « un trésor absolu », désignant la pièce titre comme « un plaisir à lire… comme faire une visite guidée de la ville en compagnie d’un ami compétent et bavard dont le plus grand plaisir est pour partager avec vous son propre plaisir de la ville et de son passé. »[2]




Notes :

1. a b Laughlin, Charlotte; Daniel J. H. Levack (1983). De Camp: An L. Sprague de Camp Bibliography. San Francisco: Underwood/Miller. pp. 115-116.

2. « Lupoff’s Book Week », Algol 28, 1977, p.52.

🔺Chalker, Jack L.; Mark Owings (1998). The Science- Fantasy Publishers: A Bibliographic History, 1923- 1998. Westminster, MD and Baltimore: Mirage Press, Ltd. p. 323.


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